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Je m'appelle Joël, je suis né le mardi 20 mai 1953 à Coudekerque-Branche, dans le département du Nord juste à coté de Dunkerque. Ma mère s'appelait Marie- Thérèse et mon père Etienne Je suis le deuxième d'une famille de cinq enfants. Il y a tout d'abord Daniel né en 1952, puis moi-même Joël en 1953 ensuite Didier né en 1954 puis Chantal née en 1956 et enfin Anita née en 1957.

     Il me reste quelques souvenirs de ce temps où nous étions encore enfants avec une vraie mère et un père…par exemple : un jour que nous nous promenions ma mère et moi, elle me tenait par la main puis tout un coup je lui lâchai la main pour aller caresser un chat qui se trouvait sur notre chemin. C'était un chat noir. Je le caressai  un long moment, quand tout à coup, il sortit ses griffes et se jeta sur moi. Je fus tellement  griffé et je saignais…  Depuis ce jour j'ai une peur bleue des chats.

    Notre mère décéda à la suite d'une grave maladie en Août 1958. Mon père nous avait placés, mon frère Daniel et moi en pension chez des bonnes sœurs à Arnecke, un petit village du Nord à 7 kilomètre de Cassel. Je devais avoir 5 ans lorsque je suis arrivé au pensionnat et mon frère 6 ans. Nous y sommes restés jusqu'à l'âge de 11 ans pour moi et 12 pour mon frère ce qui fait cinq années d'enfance perdue.

C'est au pensionnat que j'ai appris le décès de ma mère par un courrier que m'avait envoyé mon grand-père.

     La vie n'était pas rose avec ses bonnes sœurs, tous les matins, au petit déjeuner, il y avait du pain du beurre de la confiture et du lait. Je n'aimais pas la crème du lait. La sœur me faisait boire de force ce lait…

Elle a fait encore pire encore pour moi qui avait la trouille des chats : lorsque j'avais commis une bêtise si petite soit-elle, elles m'appelais, me faisait venir près d'elle .Elle avait les mains derrière le dos. Jamais je n'aurais pu imaginer ce qui allait se passer : une fois tout près d'elle, elle posa son pied sur le mien pour que je ne puisse pas me  sauver pas ….. et là, elle me balança en pleine figure ce qu'elle avait dans ses mains caché dans son dos :un chat. Elle me l'a fait plusieurs fois. Un autre jour, elle m'enferma dans une pièce qui servait à stocker les vivres. Il y faisait un noir total. Comme pour tous les gosses, le noir total était pour moi un calvaire.Une la porte fermèe, elle alluma la lumière. J'étais soulagé. Mais elle éteint aussitôt puis ralluma. J'étais debout devant cette porte pensant qu'elle allait me faire sortir. Il n'en fut rien. Quand  je me retournai, je vis au fond de la pièce un chat noir un très gros chat noir. Je me mis à hurler tellement j'avais peur… La lumière resta éteinte…Je hurlai tellement fort que la cuisinière affolée par mes cris est venue pour me libérer de cette situation. Elle m'emmena dans la cuisine, me trouva un travail,  beurrer les tartines de pain pour le repas du soir, afin que les sœurs… ne me renvoient pas dans le noir.

Il s'est passé beaucoup de choses dans ce pensionnat .C'était presque comme à l'armée : le  dimanche matin la messe, l'après midi promenade le soir les vêpres .Le mardi matin, avant d'aller à l'école, c'était le catéchisme, le mercredi soir confession, le jeudi matin messe, le vendredi catéchisme le soir,  le samedi matin messe mais à la chapelle du pensionnat et confession   le soir .

C'est en décembre 1959 que  mon père se remaria avec une dame qui avait déjà deux enfants et ensemble, ils en eurent un de plus une fille. Pour cette petite famille (père, belle mère et ses trois gosses) tout ce passa pour le mieux du monde.   Par contre pour nous cinq, c'était tout autre chose. Daniel et moi en pension ainsi qu'une de mes autres sœurs. Mon frère Didier et ma sœur Anita eux étaient en sanatorium.

Un beau jour mon père était venu nous voir au pensionnat .Il était accompagné d'une dame que nous ne connaissions pas. Ils ne sont pas restés très longtemps. Durant la semaine qui suivit cette visite, je me souviens d'une remarque que m'avait faite l'une des bonnes sœurs :"Ce n'est pas étonnant que vos parents ne puissent  pas vous voir ton frère et toi". Depuis ce jour, nous avons compris nous avions des parents (un père et une belle mère) qui ne nous aimaient pas  ...

A l'heure ou j'écris cette biographie,je pense que ça n'a pas changé....

 Pendant que  mon frère et moi étions en pension, mon frère Didier et ma sœur Anita étaient chacun dans un sanatoriu . Ma sœur Chantal était dans une pension pour fille. Elle y resta jusqu'en 1960. C'est cette année là que mon frère Didier et ma sœur Anita retournèrent chez les parents.

Ce fut le début de leurs souffrances. La toute première recommandation de leur père fut  d'appeler cette dame avec qui il vivait « Maman » .Ils étaient corvéables à merci. Tous les jours, dés 7 heures du matin, il fallait qu'ils fassent le ménage, la vaisselle, qu'ils cirent les chaussures de toute la famille (le père, la belle mère, ses deux fils et  sa fille, mes deux sœurs et mon frère Didier ce qui  faisait 8 personnes à s'occuper ).

Ils n'avaient que 7, 6 et 5 ans .C'est honteux de voir ça .Il fallait aussi leur préparer le petit déjeuner : lait chocolaté, pain,beurre, confiture .Pour mes sœurs et frère c'étais lait, pain, margarine ou saindoux .

Un traitement spécial pour les corvéables……

Une fois le petit déjeuner avalé en vitesse, pendant que mes demi-frères et demi-sœurs partaient pour l'école, il leur fallait débarrasser la table, la nettoyer, puis faire la vaisselle. Ces corvées terminées ils devaient  courir à l'école pour ne pas arriver en retard....

Il  arrivait à cette femme de piquer des colères.

Je ne vous explique pas, tout le venin qu'elle pouvait crache. C'est là qu'on voit tout le mépris qu'elle avait pour nous et même pour notre mère qu'elle ne devait pas avoir connu.

Elle  racontait à mes sœurs et frères que notre mère (notre vrai mère) ne nous aimait pas, et que si elle était encore en vie nous serions bien plus malheureux qu'avec elle.

Cette garce racontait que notre mère nous accrochait à l'espagnolette de la fenêtre  (elle pensait que toutes les mères étaient  comme elle)

Elle ajoutait que notre mère et notre grand-mère maternelle étaient des voleuses, que notre mère buvait.……..

J'en passe et des meilleures……Pour reprendre une phrase que cette femme nous répétait souvent  "Elle ment comme elle respire  ".

Pendant ce temps notre père s'enfermait dans la salle de bain. Pour qu'elle raison ? Pourquoi ne réagissait-il pas lorsque  cette dame racontait des mensonges et des horreurs  sur sa défunte femme ? tout simplement par ce qu’il est un “faible

C'est en 1964 que mon grand père décida de nous prendre mon frère et moi en pension chez lui. Il ne pouvait plus supporter de nous voir enfermés derrière des grilles .Il en avait assez de ces interminables déplacements tous les week-end pour venir nous voir, car il était la seule personne qui venait nous rendre régulièrement visite.

Avant de prendre cette décision, il a du demander l'accord de cette dame et de notre père .Ils acceptèrent et lui versèrent même tous les mois une pension. Notre grand-père habitait dans un vieux quartier de la ville. Cette dame et mon père habitaient  dans nouveau quartier situé à environ deux kilomètres de là .C'est dans ce quartier que mon frère Daniel et moi allions à l'école. Nous partions de bonne heure le matin pour nous y rendre, le midi nous mangions chez cette dame. Après les repas nous étions à la même enseigne que mes sœurs : vaisselle et ménage .Pendant ce temps nos demi-frères eux avaient le droit de jouer …

Un verre ou une assiette cassée c'était aussitôt la raclée .Elle n'y allait pas de main morte la garce, elle se permettait de nous traiter de bons à rien alors qu'elle-même n'était pas capable de faire sa vaisselle son ménage et de  nous élever…

Elle nous traitait de brigands .Elle nous infligeait des dérouillées régulièrement.

Son seul espoir était que nous nous marions afin que nous disparaissions de sa vue …

Pour moi ce fut chose faite : dès l'âge de dix sept ans je  m'engageai dans l'armée.

Quelques  années passèrent. Mon frère Daniel commença à travailler à l'âge de 16 ans. Moi j'allais encore en classe, je n'avais que  15 ans. Je me souviens qu'à cette époque mon frère Didier était placé en famille d'accueil,.   

Mon frère Daniel et moi allions régulièrement le voir le dimanche .Nous étions accueillis à bras ouverts chez ces personnes que nous ne connaissions pas. Nous n'avions pas l'habitude d'être reçus de cette manière bien mieux que chez nos propres parents .Nous avions droit aux petits gâteaux, jus de fruit ou café.

Un jour mon frère Didier fugua. A son retour, il fut mis en placement judiciaire chez un maraîcher.

Lorsque nous avons eu connaissance de  l'adresse de ce maraîcher, nous sommes allés, mon frère Daniel et moi lui rendre visite. Nous restions de longs moments avec lui .Comme il travaillait on lui donnait un coup de main .Un jour, son patron s'en est rendu compte. Il vint nous voir. Nous pensions qu'il venait nous demander quel était le motif de notre intrusion et ce que nous faisions au beau milieu de ses légumes...

Pas du tout .Il nous demanda tout simplement combien nous voulions pour le coup de main .Nous lui avons répondu  que nous étions là pour voir notre frère, car il n 'y avait que chez lui que nous pouvions le voir.

Depuis ce jour, il n'y eut pas de problèmes, nous pouvions venir quand nous le voulions. Il nous invita même au petit casse-croûte de la mi-journée.

Là aussi, nous étions mieux accueillis que chez nos propre parents. Encore aujourd'hui ,lorsque je vais chez des gens que je connais plus ou moins ,je suis accueilli d'une manière  beaucoup plus agréable que je ne le serais chez mon propre père...


          .....je passe quelques années, mais la suite viendra


Il y a quelque temps, j'ai reçu un courriel provenant de mes frères et sœurs me faisant savoir que mon père avait l'intention d'adopter son beau-fils.

C'est à 78 ans  qu'il s'aperçoit qu'il a de l'amour paternel pour ce beau-fils ,alors que nous cinq (ses propres enfants), il nous a rejeté toute notre vie. Il ne connaît même pas les prénoms de ses petit fils, ni de ses arrières petit-fils.

Est-ce que cette dame, avec qui il s'est remarié,est d'accord pour nous adopter ? Nous ne le pensons pas. Bien entendu aucun d'entre nous n'est d'accord pour cette adoption et nous lui avons fait savoir par courrier .Nous avons aussi adressé un courrier  au tribunal de Dunkerque.

Quelque temps plus tard, je reçus   une convocation pour me rendre au tribunal de grande instance de Dunkerque concernant cette demande d'adoption simple .A l'heure où je tape ces quelques ligne, nous attendons le jour de ce rendez-vous avec la justice dans 9 jours...

Etant donné mon éloignement, je ne me suis pas déplacé .Mes frères et sœurs avaient pris un avocat pour nous représenter. Quelques jours plus tard nous recevions le résultat : la requête d'adoption de notre père  était rejetée par le tribunal….


          En décembre 2009, ce fut l'anniversaire des cinquante années de mariage avec cette dame.

Bien entendu, aucune invitation ne nous a été envoyée.  Pour notre père, nous sommes mes frères et moi toujours des étrangers

… aujourd’hui,  on s'en fiche complètement…



  

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